Falloir ou vouloir? : l’art d’être cohérent avec soi-même, d’un point de vue ayurvédique

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Au cours de notre vie, nous découvrons nos forces, nos faiblesses, nos envies. Nos parents nous apprennent à soigner notre corps, nous brosser les dents après les sucreries, nous laver régulièrement et à se coucher tôt. L’éducation que l’on reçoit nous pousse à observer des règles précises sous la menace de souffrir de caries, de fatigue, d’infection de peau ou autre tare affligeante.

Par conséquent, en devenant adulte, nous conservons certaines tendances moralisatrices envers nous-mêmes. La peur de grossir ou de développer de l’acné en mangeant certains aliments nous habitent peut-être, avec ou sans raison. La peur de rater sa vie et d’être laissé(e) pour compte nous pousserait-elle à camoufler nos difficultés au travail?

Idéalement, on arrive à faire les choses par plaisir et par choix conscient, plutôt que pour éviter des conséquences négatives ou une punition. Il en va de même lorsqu’on adopte de nouvelles disciplines de vie ou alimentaires : bouddhisme, crudivorisme, entraînements, yoga, diètes. Puissent nos actions être motivées par nos ambitions, nos réels besoins et nos désirs profonds plutôt que par des règles rigides et des peurs en tous genres.

« Il faut » vs « je veux »

Il faut… faire la vaisselle, chanter avec justesse, raffermir ses cuisses, aider mon fils à réussir son examen de mathématique, manger végétalien et prendre des vacances plus souvent tout en obtenant le nouveau poste qui s’est offert. Il ne faut pas perdre son calme, ni se coucher trop tard, il ne faut pas rater l’échéance du rapport d’impôt ou alors ignorer un ami dans le besoin.

Je veux… lâcher ma job, partir en Australie faire du kite-surf, apprendre le didgeridoo, me lever tous les matins près d’un lac et faire du yoga, embrasser ma voisine malgré son mari et ses deux enfants, apprendre le vietnamien, et me faire payer 100 000 $ par an pour choisir le nom des couleurs des échantillons de peintures.

Nous avons appris à faire « ce qu’il faut » avant de faire « ce qu’on veut ». Pourquoi ne pas mettre ces deux chapitres sur un même pied d’égalité?

« Il faut » répond à des besoins de sécurité et de protection, assurant que toutes les précautions ont été prises. « Je veux » nous parle des désirs et des insatisfactions, relatifs aux besoins de plaisir et d’accomplissement qui nous guide vers notre plus grand bonheur. Comment peut-on veiller à satisfaire les deux tout autant?

Santé naturelle, règles et liberté

Savoir qu’il faut manger des légumes, c’est une chose, sentir que ça nous fait du bien d’en manger en est une autre. Cette petite nuance fait toute la différence et nous permet de ressentir les limites de notre corps et de notre esprit. Au lieu de décider qui nous sommes et ce que l’on vit en adoptant un comportement quelconque, nous découvrons qui nous sommes après avoir trop mangé de pudding chômeur, par exemple. Nous aimerions en manger plus, mais notre estomac a ses propres limites.

On nous dit d’un côté de manger cru, que c’est meilleur pour la santé en général et que c’est pour avoir plus de nutriments. Par ailleurs, d’autres nous encouragent à cuire nos aliments pour mieux les absorber. Comment s’y retrouver? Au bout du compte, seule l’expérience directe met fin aux questionnements et tergiversations.

Personnellement, je crois que les gens savent d’instinct s’ils doivent manger cru ou cuit seulement en observant leurs sensations. Est-ce que vous feelez soupe ou salade ? La réponse est instantanée. Elle doit cependant venir d’instinct et non pas passer par un processus mental comme un idéalisme quelconque ou des réflexions intellectuelles. Observez comment vous vous sentez après coup : était-ce vraiment le bon choix?

Manger cru apaise les appétits excessifs et la chaleur tandis que manger cuit se digère plus facilement lorsque la digestion est fragile. À moins de cuire à outrance, les aliments ne perdent pas tous leurs nutriments, seulement une partie des vitamines. Parfois on y gagne au niveau de l’absorption totale malgré quelques nutriments détruits à la cuisson.

Et l’Ayurvéda dans tout ça ?

Celles (et ceux!) qui suivent mes publications savent que ma principale expertise en santé naturelle est l’Ayurvéda, la médecine traditionnelle de l’Inde. Tout comme la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) d’ailleurs, l’Ayurvéda ne donne pas les mêmes conseils alimentaires à tous. On y apprend à observer les individus, leur nature et leurs besoins, avant de leur donner des conseils. Il faut aussi se fixer des objectifs pour aller au-delà des « bons » et « mauvais » aliments. Ceux-ci vont varier selon les individus et les circonstances.

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Le yoga et l’ayurvéda sont deux pratiques d’où l’on peut faire dériver une série de conseils et de « il faut que » : il faut observer un jeûne de 14 heures entre le souper et le déjeuner, pouvoir toucher à ses orteils et se détendre, se laver les sinus avec de l’eau salée, il ne faut pas mentir ni s’empêcher d’aller uriner, etc.

Prenons l’alimentation ayurvédique. Après 8000 ans d’histoire, l’Ayurvéda n’est jamais arrivé à une diète particulière qu’elle conseillerait à tous. Plutôt que de nous encadrer dans une diète unique comme le macrobiotisme, le crudivorisme ou la diète cétogène, l’ayurvéda propose des principes basés sur les qualités des aliments (chaud, froid, lourd, léger, sec, onctueux, etc.) ainsi que des manières de les équilibrer à son avantage, en fonction des besoins du moment.

Pour en savoir un peu plus à ce sujet, consultez les autres articles de base sur Blond Story ainsi que sur Ayurvéda Révolution.

L’Ayurvéda emploi donc des paramètres comme les six saveurs ainsi que des qualités de la nature que l’on peut percevoir et ressentir : doux, rugueux, mobile, stable et ainsi de suite. L’Ayurvéda parle le langage des sens. Ces principes naturels, dits « ayurvédiques », et qui observent les qualités des « objets » de la nature peuvent être appliqués de manière contraignante ou libératrice.

Pour illustrer ce phénomène, disons qu’au fil de ses lectures ayurvédiques, une personne de type vata réalise que les légumes de la famille des solanacées ne sont pas idéaux pour elle. Ou bien, elle peut constater les effets néfastes et avoir envie d’aller progressivement vers autre chose, ou bien elle peut se sentir mal de ne pas manger parfaitement pour sa propre constitution et se précipiter à éliminer immédiatement 100 % de ces aliments tout en focalisant sur le concept plutôt que l’état de santé réel.

Végétarisme, non-violence et liberté

L’Ayurvéda évoque les principes de non-violence pour embrasser le végétarisme, sauf qu’on y propose par ailleurs des recettes de viande lorsque les gens sont émaciés, qu’ils ont perdu trop de poids. Les gens qui mangent de la viande ne sont pas jugés comme tel en Inde, bien qu’une certaine sensibilité à l’égard de la vache habite les « hindous » tout comme nous considérons la consommation de chien en Asie du Sud-Est et en Chine comme une pratique un peu barbare.

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L’Ayurvéda nous explique les qualités et les défauts de la viande et nous laisse décider, tout en nous sensibilisant à la réalité sensible des animaux que l’on consomme.

Être libres, responsables et conscients de nos choix, voilà ce que peut nous apporter la connaissance de la médecine naturelle, un véritable trésor d’expérience humaine à partager.

En conclusion, l’Ayurvéda nous invite à écouter notre corps et notre esprit tout en proposant des tendances à observer, à expérimenter. Pour en savoir davantage, explorez les articles proposés ci-haut qui introduisent les principes de bases de l’Ayurvéda, ce qui vous donne des pistes pour faire des expérimentations concrètes sur votre santé.

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